CHAPITRE XXI
Les frênes, comme la mort, montaient pâles et raides vers le ciel morne, pareils aux barreaux d’une cage dont ils ne sortiraient jamais. Belgarath les menait au pas, se frayant prudemment un chemin dans le silence interminable.
— Nous sommes encore loin ? demanda Silk d’une voix tendue.
— Guère plus d’une journée, maintenant, répondit Belgarath. Le nuage devient de plus en plus épais, là-haut.
— Vous disiez qu’il ne se déplaçait jamais ?
— Jamais. Il n’a pas bougé depuis que Torak l’a mis là.
— Et s’il y avait un coup de vent ?
— Les lois de la nature sont suspendues, dans la région. Pour ce que j’en sais, il se pourrait que le nuage n’en soit pas un vrai mais autre chose.
— Quoi, par exemple ?
— Peut-être une sorte d’illusion. Les Dieux sont très doués pour susciter ce genre de choses.
— Ils nous cherchent ? les Grolims, je veux dire.
Belgarath eut un signe d’acquiescement.
— Et vous prenez des mesures pour les empêcher de nous trouver ?
— Evidemment, répliqua le vieil homme en le regardant en face. Qu’est-ce que c’est que ces bavardages ? On dirait un vrai moulin à paroles, depuis une heure.
— Je suis un peu tendu, avoua Silk. Je suis en territoire inconnu et ça me rend toujours un peu nerveux. Je suis beaucoup plus à l’aise quand je sais que j’ai une porte de sortie.
— Vous êtes toujours prêt à mettre les bouts, pas vrai ?
— C’est la moindre des choses, dans mon métier. Qu’est-ce que c’était que ça ?
Garion l’avait entendu aussi : un faible aboiement, loin derrière eux. L’animal fut bientôt rejoint par d’autres, et ils clabaudaient sur un registre grave, comme dans un tonneau.
— Des loups ? suggéra-t-il.
— Non, rétorqua Belgarath, le visage blême. Pas des loups.
Il fit claquer les rênes de son cheval qui broncha et se mit au trot, le terreau amortissant le bruit de ses sabots.
— Alors, Grand-Père, qu’est-ce que c’est ? insista Garion en talonnant sa monture.
— Les Mâtins de Torak, lança Belgarath d’un ton âpre.
— Des chiens ?
— Pas vraiment. Plutôt des Grolims d’un genre un peu particulier. Après la construction de la cité, Torak a décidé de faire garder les environs et certains Grolims se sont portés volontaires pour renoncer définitivement à la forme humaine.
— J’ai déjà eu affaire à des chiens de garde, déclara Silk d’un ton confiant.
— Pas comme ceux-là. Essayons de les prendre de vitesse.
Ils lancèrent leurs chevaux au galop et foncèrent entre les troncs. Les branches leur giflaient le visage au passage, et Garion leva le bras pour se protéger. Les aboiements semblaient se rapprocher. Puis le cheval de Silk trébucha et le petit homme faillit vider les étriers.
— Nous ne nous en sortirons pas comme ça, Belgarath, dit-il alors que ses compagnons retenaient leur monture. Le sol est trop traître pour que nous maintenions longtemps cette allure.
Belgarath leva la main. Les aboiements se rapprochaient.
— De toute façon, ils vont plus vite que nous, approuva le vieil homme.
— Vous feriez mieux de trouver quelque chose, reprit Silk en regardant derrière lui avec angoisse.
— Je m’en occupe, rétorqua Belgarath en levant le nez comme pour prendre le vent. Allons-y. Je sens de l’eau stagnante. La région est pleine de marécages. Nous arriverons peut-être à les semer en traversant une assez vaste étendue d’eau.
Ils descendirent vers le fond de la vallée. L’odeur d’eau croupie devint de plus en plus forte.
— Tout droit, fit Garion en tendant le doigt vers une étendue d’eau brunâtre qui apparaissait par intermittence entre les troncs blancs.
C’était un vaste étang huileux, nauséabond, emprisonné au fond d’une cuvette envahie par les ronces. Des arbres morts surgissaient de l’eau et dressaient vers le ciel indifférent la muette supplication de leurs branches dénudées.
— Je ne vois pas quel animal pourrait retrouver notre trace dans cette infection, décréta Silk en fronçant le nez.
— Nous verrons bien, répondit Belgarath. Ça devrait suffire à dérouter n’importe quel chien normal, mais n’oubliez pas que les Mâtins sont en fait des Grolims. Ils ont des facultés de raisonnement en dehors de leur odorat.
Ils firent avancer dans les eaux sanieuses leurs chevaux réticents dont les sabots arrachaient des mottes de pourriture à la boue du fond, emplissant l’air d’une effroyable puanteur, et décrivirent entre les arbres morts des zigzags clapotants.
Les redoutables hurlements des Mâtins se rapprochaient. D’abord tout excités et pleins d’une avidité terrifiante, ils semblèrent bientôt déconcertés.
— Je pense qu’ils sont arrivés au bord de l’étang, annonça Silk en penchant la tête pour écouter.
— Grand-Père ! s’écria Garion en tirant brutalement sur ses rênes.
Une forme noire, écumante, était plantée juste devant eux dans l’eau brune. On aurait dit un chien énorme, aussi grand qu’un cheval, et ses yeux brûlaient d’une flamme verte, maléfique. Il avait des épaules et un poitrail massifs, et de sa gueule sortaient des crocs incurvés, dégoulinants de bave, d’un bon pied de long.
— Nous vous tenons, grommela-t-il d’une curieuse voix rauque, en tordant la gueule comme s’il mâchait ses paroles.
Silk porta machinalement la main à l’une des dagues dissimulées sur lui.
— Pas la peine, intervint Belgarath. Ce n’est qu’une ombre.
— Ils peuvent projeter leur ombre ? s’exclama Silk.
— Je vous ai dit que c’était des Grolims.
— Nous avons faim, gronda le Mâtin aux yeux féroces. Je vais bientôt revenir avec mes compagnons de horde et nous nous régalerons de chair humaine.
Puis la forme vacilla et disparut.
— Ils savent où nous sommes, à présent, reprit Silk d’une voix anxieuse. Vous feriez mieux de trouver quelque chose, Belgarath. Vous ne pouvez pas avoir recours à la sorcellerie ?
— Pour trahir notre position précise ? Les Mâtins ne sont pas seuls à rôder dans ces marécages.
— Mouais, eh bien, je serais assez tenté de courir le risque. Une chose à la fois. Vous avez vu ses dents ?
— Ils arrivent, fit Garion d’une voix tendue.
Les monstres pataugeaient loin derrière eux, dans les marais, soulevant des gerbes d’eau avec leurs énormes pattes.
— Faites quelque chose, Belgarath !
Un furieux roulement de tonnerre retentit dans le ciel presque noir à présent et un immense soupir sembla traverser l’air tout à coup oppressant.
— Ne vous arrêtez pas, surtout ! ordonna Belgarath en talonnant son cheval et en le dirigeant vers le bord du marécage à travers les eaux brunes, visqueuses.
Les feuilles des trembles, sur la rive, tournèrent tout à coup leurs feuilles vers le haut, révélant leur dessous argenté, comme si une immense vague livide avait traversé la forêt.
Les Mâtins étaient maintenant tout près. Ils galopaient dans le marécage huileux avec des aboiements triomphants.
Puis il y eut un éclair éblouissant, un coup de tonnerre à tout casser et des trombes d’eau se déversèrent sur eux avec un bruit assourdissant. Un vent de tempête arracha les feuilles des trembles, les projeta en l’air et chassa la pluie horizontalement devant lui, changeant le marécage en écume et limitant la visibilité à trois pas.
— C’est vous qui avez fait ça, Belgarath ? hurla Silk.
Mais le visage stupéfait du sorcier révélait clairement qu’il était aussi étonné que Silk. Ils se tournèrent tous les deux vers Garion.
— C’est toi qui as fait ça ? demanda Belgarath.
Une voix sortit de la bouche de Garion, mais ce n’était pas la sienne.
— Ce n’est pas lui, c’est moi. J’ai œuvré trop longtemps pour me laisser barrer la route par une meute de chiens.
— Je n’ai rien entendu, s’émerveilla Belgarath en essuyant son visage ruisselant. Pas un murmure.
— Tu n’écoutais pas au bon moment, reprit la voix. J’ai mis cet orage en branle au début du printemps.
— Vous saviez que nous en aurions besoin ?
— C’est évident. Prenez par l’est. Les Mâtins ne vous suivront pas sous ces cataractes. Contournez la cité afin d’y entrer par l’est. Il y a moins de veilleurs de ce côté-là.
Et la pluie tombait toujours, ponctuée par des éclairs et des coups de tonnerre d’une violence surnaturelle.
— Combien de temps va durer ce déluge ? hurla Belgarath pour couvrir le bruit.
— Le temps qu’il faudra. Il était en gestation dans la Mer du Levant depuis une semaine. Il a atteint la côte ce matin. Tournez vers l’est, maintenant.
— Pouvons-nous parler tout en avançant ? demanda Belgarath. J’ai beaucoup de questions à vous poser.
— Ce n’est pas le moment de discuter, Belgarath. Le temps presse. Les autres sont arrivés à Cthol Mishrak ce matin, juste avant l’orage. Tout est prêt. Ne perdez pas de temps.
— Ce serait pour ce soir ?
— Oui, si vous arrivez à temps. Torak est presque réveillé, à présent. Je pense qu’il vaudrait mieux que vous soyez là-bas quand il ouvrira les yeux.
— Allons-y, ordonna sèchement Belgarath, l’air préoccupé.
Il les mena vers la terre ferme à travers la pluie battante, les sabots de leurs chevaux soulevant de grandes gerbes d’eau boueuse.
La pluie tomba encore plusieurs heures, poussée par un vent furieux, qui hurlait sans relâche. Trempés, frigorifiés, à demi aveuglés par les feuilles et les brindilles tourbillonnantes, les trois compagnons continuèrent au petit trot vers l’est. Les aboiements des Mâtins prisonniers du marécage prirent des accents déconcertés, frustrés, et s’estompèrent derrière eux, masqués par le tonnerre et la pluie.
La nuit les surprit devant une rangée de collines basses, loin vers l’est. A la pluie avait succédé une sorte de crachin obsédant, agrémenté de bourrasques hargneuses, glaciales, et d’averses capricieuses, nées dans la Mer du Levant.
— Vous êtes sûr de connaître le chemin, Belgarath ? demanda Silk.
— Je ne devrais pas avoir de mal à le retrouver, répondit Belgarath d’un ton sinistre. Cthol Mishrak a une odeur particulière.
Les gouttes isolées qui tambourinaient sur les feuilles et leur dégoulinaient sur la tête cessèrent au moment où ils sortirent du bois. L’odeur dont avait parlé Belgarath n’était pas une puanteur agressive mais plutôt un mélange de remugles insidieux. La rouille détrempée paraissait en être la principale composante, mais l’eau stagnante et les champignons moisis y apportaient leur contribution et le résultat était un subtil parfum de décomposition. Quand ils eurent laissé le dernier arbre derrière eux, Belgarath retint sa monture.
— Eh bien, nous y voilà, dit-il tout bas.
Devant eux s’étendait une cuvette faiblement éclairée par une sorte de lueur pâle, malsaine, qui semblait irradier du sol. Au centre de cette immense dépression se dressaient les restes déchiquetés de la ville anéantie.
— Qu’est-ce que c’est que cette drôle de lumière ? murmura Garion, les nerfs tendus à se rompre.
— De la phosphorescence, grommela Belgarath. Ça vient des champignons qui poussent un peu partout. Le soleil ne brille jamais sur Cthol Mishrak ; c’est le milieu rêvé pour les choses innommables qui poussent dans le noir. Nous allons laisser les chevaux ici, fit-il an mettant pied à terre.
— Vous pensez que c’est une bonne idée ? intervint Silk en descendant de cheval d’un bond. Et si nous voulons partir en vitesse ?
Il était trempé et grelottait de froid.
— Vous savez, répondit calmement Belgarath, si les choses se passent comme nous l’espérons, rien ni personne dans cette ville ne nous cherchera noise. Et si les choses se terminent mal, ça n’aura plus aucune importance.
— Je n’aime pas les décisions irrémédiables, marmonna Silk d’un ton sombre.
— Eh bien, il fallait choisir un autre lieu de villégiature, rétorqua Belgarath. Ce que nous sommes sur le point de faire est sûrement la chose la plus irrémédiable qui soit. Et quand nous aurons commencé, il n’y aura plus de retour en arrière possible.
— Je ne suis pas obligé d’aimer ça. Et maintenant ?
— Nous allons nous changer, Garion et moi, en quelque chose d’un peu moins voyant. Vous avez le chic pour vous déplacer dans le noir sans vous faire remarquer, mais nous ne sommes pas aussi doués que vous.
— Vous allez employer la sorcellerie aussi près de Torak ? objecta Silk.
— Nous procéderons le plus discrètement possible, le rassura Belgarath. De toute façon, le changement de forme est presque entièrement dirigé vers l’intérieur et ne fait pas beaucoup de bruit. Tâche de faire ça en douceur, reprit-il en se tournant vers Garion. Essaie de diluer le bruit et de l’assourdir. Tu vois ce que je veux dire ?
— Je crois, Grand-Père.
— Je vais commencer. Regarde comment je m’y prends. Mais d’abord, écartons-nous un peu, ajouta-t-il après un coup d’œil aux chevaux. Ces animaux-là ont peur des loups et je ne tiens pas à ce qu’ils deviennent hystériques.
Ils longèrent un moment la lisière des arbres.
— Ça devrait aller, décréta Belgarath lorsqu’ils se furent suffisamment éloignés. Maintenant, regarde.
Il se concentra un moment, puis sa forme commença à perdre de sa netteté. La métamorphose fut très progressive et, pendant un long moment, le visage de l’homme et du loup semblèrent se superposer. La transformation s’accompagna d’un murmure imperceptible, puis le grand loup à la robe d’argent se retrouva assis sur son derrière, devant eux.
— A toi, maintenant, dit-il à Garion avec ce léger changement d’expression si capital dans le langage des loups.
Garion se concentra de toutes ses forces sur l’image qu’il voulait incarner. Il procéda avec une telle lenteur que, pour un peu, il aurait senti la fourrure lui pousser sur le corps.
Silk, qui s’était frotté le visage et les mains avec de la terre, regarda les deux loups d’un air interrogateur.
Belgarath eut un hochement de tête et les mena vers le fond de la cuvette et les ruines pourrissantes de Cthol Mishrak.
Des formes fugitives rôdaient en flairant le sol dans la lueur diffuse. Certaines sentaient le chien ; d’autres avaient plutôt une odeur reptilienne. Des Grolims encapuchonnés dans leur robe noire montaient la garde, perchés sur des tumulus et des roches, scrutant les ténèbres des yeux et de l’esprit à la recherche des intrus éventuels.
Le sol paraissait mort, sous les pattes de Garion. Rien n’y poussait, aucune vie ne s’accrochait à cette lande stérile. Les deux loups encadrant Silk accroupi rampaient, le ventre collé au sol, les pattes repliées, vers la tour écroulée, s’abritant derrière les roches surgies du sol, entre les crevasses ourlées par les intempéries. Leur avance semblait à Garion d’une lenteur mortelle, mais Belgarath ne se souciait pas de l’heure. Il leur arrivait, lorsqu’ils passaient près d’un veilleur grolim, d’avancer une patte à la fois. Le temps passait, mais ils pénétraient sans cesse plus avant dans la Cité de la Nuit, ou ce qu’il en restait.
Deux prêtres de Torak discutaient tout bas, sous leur capuchon noir, près de la muraille effondrée. Leur conversation étouffée parvenait clairement aux oreilles exercées de Garion.
— Les Mâtins sont bien énervés, cette nuit, disait l’un.
— C’est l’orage, répondait l’autre. Le mauvais temps leur porte toujours sur les nerfs.
— Je me demande quel effet ça peut faire d’être un Mâtin, reprit le premier Grolim d’un ton rêveur.
— Tu peux toujours te joindre à eux, si ça t’intéresse tant que ça.
— Je ne pense pas que ça m’intéresse à ce point-là.
Silk et les deux loups passèrent, aussi silencieux qu’une fumée, à moins de dix toises des veilleurs en grande conversation, et s’introduisirent en rampant pardessus les pierres éboulées dans la Cité de la Nuit. Une fois dans les ruines, ils avancèrent un peu plus vite. Les ombres dissimulant leurs mouvements, ils se déplaçaient furtivement entre les pierres fracassées, dans le sillage de Belgarath, se rapprochant inéluctablement du centre de la cité et du chicot de la tour de fer qui se dressait, rigide et impitoyable, vers le ciel noir.
L’odeur de rouille, d’eau croupie et de pourriture était presque renversante. Avec son odorat exercé, Garion commençait à avoir du mal à respirer. Il ferma la gueule et s’efforça de penser à autre chose.
— Qui va là ? fit une voix âpre, juste devant eux.
Un Grolim sortit, l’épée dégainée, de la rue jonchée de décombres, et scruta intensément les ombres profondes où ils étaient tous les trois accroupis, figés dans une immobilité absolue. Garion sentit, plutôt qu’il ne le vit ou ne l’entendit, Silk porter la main d’un geste assuré vers la dague qui se trouvait dans une gaine, derrière sa nuque. Puis le petit homme ramena brutalement le bras vers le bas et sa lame fila en tournoyant sur elle-même, avec une précision mortelle.
Au vrombissement de la dague succéda un grognement étouffé puis un soupir, et le Grolim se plia en deux et bascula en avant, lâchant son épée qui heurta le sol avec fracas.
— Dépêchons-nous ! s’exclama Silk.
Il longea en courant la forme confuse du Grolim mort, étalé sur les pierres.
Garion le suivit en souplesse. Au passage, il sentit le sang frais, et cette odeur lui mit tout à coup un goût de métal chauffé dans la bouche.
Ils arrivèrent au gigantesque amas de poutres métalliques distordues et de plaques convulsées qui avait été la tour de fer et se glissèrent en silence par la porte entrouverte dans l’obscurité absolue qui régnait à l’intérieur. L’odeur de rouille était associée aux relents d’un mal ancien, sinistre. Garion s’arrêta et renifla nerveusement l’air corrompu. Il sentait ses poils se hérisser sur sa nuque et retint de justesse le grondement sourd qui lui montait à la gorge.
Puis l’épaule de Belgarath le frôla et il le suivit à l’odorat dans les ténèbres, vers une porte située à l’autre bout de l’immense salle aux parois de fer.
Belgarath s’arrêta et Garion sentit à nouveau l’imperceptible effleurement qui marquait le retour du vieux loup à la forme humaine. Garion banda sa volonté à son tour et redevint tout doucement lui-même.
Silk laissa échapper dans un soupir presque inaudible un chapelet de jurons pittoresques et d’une grande ferveur.
— Qu’est-ce qui se passe ? murmura Belgarath.
— J’ai oublié de récupérer mon poignard, répondit le petit Drasnien en grinçant des dents. C’était l’un de mes préférés.
— Et maintenant, Grand-Père ? demanda Garion dans un chuchotement rauque.
— Juste derrière cette porte, il y a un escalier qui descend.
— Et en bas ?
— Une sorte de cave. La tombe où Zedar a ramené le corps de Torak. On y va ?
Garion poussa un gros soupir et carra les épaules.
— Je pense que c’est pour ça que nous sommes venus, non ?